Les indiens Mi'kmacs ont été les premiers habitants de l'actuelle Nouvelle Ecosse.

Arrivés d'Asie dans le Nord du continent américain il y a environ 30 000 ans, par le détroit de Béring qui était couvert par la dernière glaciation, les amérindiens ont créé une civilisation qui s'est développée parallélement à celle des hommes qui ont peint dans les cavernes d'Europe. Il faut souligner qu'après leur arrivée au Nouveau Monde les amérindiens n'ont plus eu de contact avec les hommes d'Europe jusqu'au 11ème siècle. On peut cependant remarquer que le développement des techniques de fabrication des outils (silex taillés, outils en bois de cerf, pierre polie, flèches, arcs ...) est identique de chaque côté de l'Océan Atlantique.

On retrouve les fossiles des mêmes espèces d'animaux en Amérique du Nord et en Europe. Des fossiles de mammouth laineux, de cerf des marécages, de mastodonte, ont été retrouvés sur les deux continents.




La première rencontre prouvée entre Mi'kmacs et européens a lieu en 1497 avec Jacques Cabot. Malheureusement Jacques Cabot a ramené trois Mi'kmacs en Angleterre ce qui a provoqué la colère des indiens qui ont considéré ce navigateur comme un ennemi.

Les relations entre Mi'kmacs et européens sont ensuite devenues très bonnes et durables. Au début des années 1500 les bateaux de pêche venaient d'Espagne, de France, du Pays Basque, d'Angleterre et d'Irlande pour profiter des grands bancs poissonneux. Pour faire sécher le poisson les pêcheurs s'installaient, pour un temps, sur les côtes de l'actuelle Nouvelle Ecosse. C'est à cette occasion que le commerce a aussitôt commencé. Les indiens vendaient principalement les fourrures et surtout celles des castors.

Le commerce des fourrures est un élément très important des relations entre les européens et les Mi'kmacs.Cette importance vient de la mode des chapeaux en fourrure de castor qui s'est répandue dans toute l'Europe. La demande grandissant avec la mode, le prix des fourrures augmentait, à tel point que l'organisation d'un commerce à grande échelle était inévitable.

En 1581 Henri III, Roi de France, accorde le monopole de ce commerce à une compagnie de commerçants français.
L'installation permanente des européens au Nouveau Monde était rendue impossible par la rigueur du climat. La multiplication des voyages était la seule solution mais la demande a vite dépassé les possibilités des Mi'kmacs et les ressources du milieu. Les indiens se sont trouvés dans l'obligation de demander l'aide de tribus d'Algonquins. Le commerce des armes permettait aux Mi'kmacs de fournir armes et munitions à leurs alliés Algonquins. Ainsi, ils ont établi ensemble une domination certaine sur leurs ennemis.

Une première colonie française a été établie par Samuel de Champlain et Pierre De Monts à Sainte Croix dans l'actuel Nouveau Brunswick. Rapidement obligés de quitter cette région, à cause de l'hiver et des maladies, les survivants ont traversé la Baie de Fundy et créé Port Royal en territoire Mi'kmac.

Les guerres entre amérindiens, qui ont duré plusieurs années, ainsi que les maladies apportées par les européens ont été préjudiciables aux Mi'kmacs mais leur sincère amitié envers les Français n'a jamais fait défaut. Ils se sont farouchement opposés aux troupes anglaises qui attaquaient les Français. Leur connaissance du pays était un avantage majeur. Des implantations anglaises ont été mises à mal par les guerriers Mi'kmacs qui, en plus, n'admettaient pas que les Anglais les ignorent et s'établissent sans tenir compte de leur présence, en leur confisquant leurs territoires. Les liens avec les Français étaient tels que bien des femmes Mi'kmacs ont épousé des soldats français.



Les indiens Mi'kmacs étaient experts dans l'utilisation de l'écorce de bouleau et des peaux d'animaux, qu'ils employaient pour leurs vêtements, leurs canoës et pour leurs huttes appelés "wigwams".


Ils fabriquaient des paniers remarquables mais ils étaient surtout les seuls à savoir utiliser les piquants des porcs-épics pour la décoration de coffrets, de bijoux, pour les dossiers ou dessus de chaises et fauteuils.

Coffrets, dossier et
dessus de chaise en
piquants de porc-épic
.

Mi'kmacs (on trouve différentes orthographes: Micmacs, Miqmaqs) et Acadiens ont construit les bases de l'histoire française du Canada. Les uns comme les autres ont été contraints à l'exil. Les Mi'kmacs ont, pour certains, obtenu une reconnaissance officielle. En 1794 un traité entre les Etats Unis et la Grande Bretagne reconnaît aux Mi'kmacs le droit d'aller et venir. Un statut fédéral a même été accordé par les Etas Unis à une tribu Mi'kmac dans le nord du Maine en 1980. On estime leur nombre actuel à environ 30 000 au Canada et aux Etats Unis, dont un bon nombre dans la région de Boston et à New York.


La légende du "piège à mauvais rêves".

Beaucoup de documents sur les indiens Mi'kmacs comportent une illustration rendue célèbre par la légende suivante:

"Une très vieille indienne Mi'kmac entre dans son wigwam à la tombée de la nuit et s'allonge pour s'endormir.

Un membre de sa famille vient lui souhaiter un bon repos et aperçoit une araignée qui tisse sa toile à l'entrée de la tente. Il lève la main pour tuer l'araignée mais la vieille femme lui dit "Ne fais pas ça ! Il faut la laisser en paix !". Le jeune indien sort en laissant l'araignée tisser sa toile.

Durant la nuit un rayon de lune éclaire la toile et l'araignée dit à la vieille Mi'kmac "Tu as pris ma défense et m'as sauvé la vie. Je vais te protéger. Ma toile retiendra les mauvais rêves en dehors du wigwam et ne laissera entrer que les bons. Ainsi tu dormiras en paix.

A partir de cette nuit la grand'mère Mi'kmac n'a fait que de doux rêves."

... et les Mi'kmacs protègent l'entrée de leur foyer avec ce "piège à mauvais rêves" qu'ils ... fabriquent eux-mêmes.

Piège moderne.


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